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  • : Sundgau et tourisme. À la conquête d'une utopie !
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  • : Le Sundgau est la région du sud Alsace qui a été abreuvé pendant des décennies au franc suisse. Les Sundgauviennes et les Sundgauviens sauront-ils s'ouvrir à d’autres horizons économiques ? En développant le tourisme par exemple. Un secteur où le Sundgau est bardé d'atouts, sans même en avoir conscience.
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Neuwiller, un raté qui coûte cher !

Pour un premier billet polémique, il me semble de bon aloi de prendre soin d’une commune du Sundgau qui est chère à mon coeur, même si elle m’a bien mal rendu l’amour que je lui porte.

Certains le savent, j’ai dirigé pendant deux ans les Thermes de Neuwiller, avant que de céder la direction à Mme Piguet, suite à la liquidation judiciaire de la société que je dirigeais.

Je ne veux pas revenir sur les conditions de cette liquidation dans le détail, le site www.dreyeckland-spa.com le fait très bien grâce à un dossier complet avec les copies de toutes les pièces. Un dossier long et lourd dans lequel il n’est pas facile d’entrer sans un guide (il faudra peut-être un jour que j’organise des visites de groupe… mais non, je rigole !).

Je souhaiterais par contre revenir sur le dossier de la société Aquaba qui a racheté le fond de commerce de la société des Bains en liquidation et qui a également été liquidée un peu plus de deux ans plus tard, le 21 mars 2007 pour être très précis.

Inutile de rentrer dans les détails. Disons simplement que cette affaire se scinde en deux parties bien distinctes :

 • Une partie technique, dans laquelle il est démontré (les preuves sont publiées sur le site http://www.dreyeckland-spa.com) que le centre n’était pas en conformité avec la Loi. Hélas ! de façon assez surprenante au regard du dossier, la société Aquaba n’a pas eu gain de cause en justice. Une virgule dans un contrat et la reconnaissance par la Justice d’une machine qui n’existe pas (un disconnecteur bactérien pour les spécialistes) auront eu raison face à la logique et au bon sens. Le plus surprenant dans cette partie du dossier, c’est l’obstination de la commune de Neuwiller à nier l’évidence. Que le disconnecteur en place n’en soit pas un et qu’un disconnecteur bactérien n’existe pas est incontestable. Pourtant la commune qui a payé cet engin très cher, ne cherche pas à comprendre et se contente des explications pour le moins fumeuses de la SERM, son maître d’oeuvre délégué pour la construction du centre.

Soulignons quand même quelques coïncidences qui dans d’autres circonstances n’auraient pas manqué d’interpeller des juges ou des procureurs, mais qui dans ce dossier ne semble intéresser personne. C’est un secret pour personne, quand Jean-Marie Bockel est devenu ministre de 1984 à 1986, le maire de Neuwiller est allé le trouver pour lui demander d’obtenir le classement en « eau thermale » de l’eau du forage de Neuwiller. Faute d’études médicales sérieuses, ce classement n’a pas pu être obtenu.

Il y aura cependant un lot de consolation : le classement en eau minérale. Les spécialistes du domaine ont tous été étonnés de voir une eau classée minérale sur la base d’un seul document, une thèse réalisée en 1975 par le docteur Charon de Saint-Louis pour obtenir son diplôme de médecine généraliste. Or entre 1975 et 1987 (année du classement), 11 années s’étaient écoulées sans aucune autre étude. Qui plus est, cette étude, plus que de donner des indications thérapeutiques pour l’eau de Neuwiller, se conclut sur ces mots « Il serait souhaitable que des expérimentations cliniques et des analyses biologiques aient lieu au griffon afin de pouvoir déterminer non pas des fins d’utilisation, mais une ou des actions thérapeutiques spécifiques. »

On le voit, le classement « minéral » de l’eau de Neuwiller a été obtenu sur des bases assez surprenantes. Le fait que M. Bockel ait été au gouvernement de 1984 à 1986 et que l’Arrêté de classement de l’eau minérale de Neuwiller date du 7 janvier 1987 est également une pure coïncidence. Tout comme le fait que l’appel d’offres pour la maîtrise d’ouvrage de la construction du centre soit remporté par la SERM, présidé justement par M. BOCKEL.

Cela ne serait pas grave et irait même dans le sens du développement de la région du sud Alsace si tout avait fonctionné. Hélas, la SERM va quand même faire des choix qui ne sont pas étrangers aux problèmes actuels. Citons juste par exemple, la décision de travailler en eau sans traitement chimique, l’absence de recirculation sur le bassin thermal et bien entendu l’absence d’une étude du forage AVANT le début de la construction.

Autant d’éléments qui n’auraient pas manqué d’interpeller les élus de n’importe quelles communes. Plutôt que de se bagarrer contre les exploitants du centre, la commune aurait mieux fait de regarder la réalité en face et de se retourner contre son maître d’oeuvre au côté de son exploitant. Car aujourd’hui, les voies de recours pour cette partie du dossier restent plus que floues puisqu’on ne peut pas revenir sur une chose jugée.

Je reviendrai un peu plus loin sur cette partie du dossier.

• Une partie administrative, car la commune de Neuwiller a commis des fautes lourdes de conséquences. Par exemple en imposant à la société Aquaba, d’obtenir le permis de construire un hôtel en deux ans, alors qu’elle n’était pas en mesure de délivrer un tel permis de construire puisque le centre (qui est construit dans un périmètre protégé malgré un avis négatif de la DDASS) et le terrain se situent dans le périmètre de protection du captage des eaux de Neuwiller. Cette partie du dossier n’a pas pu encore être jugée en justice sur le fond. Cependant, la commune de Neuwiller a été déboutée de sa demande, faites en référé, d’expulsion de la société Aquaba des locaux.

Il va de soi que Mme Piguet et moi-même allons poursuivre la commune en justice. Et comme je l’écrivais plus haut, la partie technique du dossier est quand même assez incertaine au contraire de la partie administrative qui est incontestable.

Au regard des éléments incontestables de notre dossier sur la partie administrative de celui-ci, il y a fort à parier que la commune sera condamnée à nous dédommager sans avoir la moindre possibilité de se retourner contre son maître d’oeuvre. Elle aura donc à payer seule, alors que si elle avait accepté de regarder les choses en face et reconnu les non-conformités des installations que nous lui avons signalées, elle aurait pu avoir un recours évident en se retournant contre son maître d’oeuvre délégué qui est pleinement responsable.

Mais il semble malheureusement que la préservation de quelques intérêts privés passe avant l’intérêt général. De nouvelles élections vont avoir lieu très prochainement et une nouvelle équipe municipale sera aux commandes. Elle aura un gros travail à faire et nous espérons que la raison reprendra le dessus dans cette triste affaire.

En attendant, c’est tout le sud Alsace qui est privé d’un hôtel de 80 chambres et du plus grand Spa de France. Autant de touristes qui iront dépenser leur argent ailleurs…

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